Dinant
Jazz

BILLY HART QUARTET FEAT. SPECIAL GUEST JOSHUA REDMAN

Billy Hart est un musicien qui a commencé sa carrière en accompagnant des chanteurs de soul comme Otis Redding ou Sam & Dave. Aujourd’hui, considéré comme un des meilleurs batteurs de jazz, Billy Hart est devenu une légende en côtoyant les plus grands : Miles Davis, Wes Montgomery, Stan Getz, McCoy Tyner ou encore Herbie Hancock. Ces dernières années, il a enregistré deux albums pour le label ECM avec un quartet qui est un des meilleurs du moment. Il comprend le pianiste Ethan Iverson, le bassiste Ben Street et le saxophoniste Mark Turner. A Dinant, Joshua Redman apportera son groove inimitable et sa maîtrise du rythme et du phrasé. Ce quartet de haute voltige mettra le feu pour clôturer la première journée de festival!

Billy Hart, c’est un créateur de reliefs sonores qui utilise toute la palette de son instrument, des sons les plus graves aux plus clairs. Tous les deux sont les pièces maîtresses de ses derniers albums. Et l’on notera aussi la présence de l’ex-pianiste du groupe The Bad Plus, Ethan Iverson, étonnant dans ce registre à contre-emploi qui distille ses notes tantôt à la limite de la cassure, tantôt merveilleusement soudées dans la chaleur du blues. Sans oublier le bassiste Ben Street qui ancre cette musique dans quelques profondeurs telluriques.

Ce groupe a de l’élégance. Dans la façon de le dire plutôt que sur ce qu’il exprime réellement. Avec retenue certes mais aussi avec cette façon qu’ils ont de concevoir ensemble la musique, de la façonner, de s’imaginer chacun comme l’élément d’une homogénéité où tous les rouages s’accordent dans l’harmonie.

Le batteur est manifestement un élément fédérateur de cette musique, à la fois en sa qualité de compositeur de la plupart des morceaux mais aussi dans sa façon de délimiter l’espace de jeu. Dans cette approche très directive de l’instrument. Ses albums ont le charme de ces lignes à la fois nettes et douces. Une sorte d’invitation au voyage. C’est dire si ce groupe nous offre une sorte d’apesanteur à laquelle il est bon de pouvoir s’abandonner. En toute quiétude.

Quant au parrain du festival, dans ses interviews, Joshua Redman répète deux choses fondatrices : il aime la musique et il aime l’improvisation collective. Dans tous ses concerts, la musique est l’invitée première et les personnalités s’effacent au profit d’une œuvre collective. Pourtant, ses mélodies et les sonorités nées de son instrument portent sa marque : la gaieté, l’entrain, le swing omniprésent. On se sent léger et réceptif à toutes les émotions positives que partage le quartet. Et à l’affut de sa poésie, sur les vagues de longues phrases poussées à l’extrême. La mélodie se donne, avec facilité et l’énergie collective ouvre la porte à la liberté, celle des détails, des nuances, en finesse et délicatesse. Que le morceau soit vif et enjoué ou planant, il est toujours dans le plaisir, la spontanéité, l’authenticité de l’émotion immédiate. Une soirée exceptionnelle nous attend.