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Jazz

MONTY ALEXANDER TRIO

Dans une carrière couvrant cinq décennies, le pianiste Monty Alexander a exploré les mondes du jazz américain et la musique de son pays natal, la Jamaïque, puisant là une "signature" singulière. Il a joué et enregistré avec des artistes venus de tous les horizons du spectre musical : Frank Sinatra, Tony Bennett, Ray Brown, Dizzy Gillespie, Sonny Rollins, Clark Terry, Quincy Jones, Ernest Ranglin, Barbara Hendricks, Bobby McFerrin, Sly Dunbar, Robbie Shakespeare… Tous ont fait appel à son sens de l’improvisation exceptionnel. Au total, il a enregistré plus de 70 disques en 50 ans de carrière.

Né le 06 juin 1944, le jour du débarquement, et grandi à Kingston, en Jamaïque, Monty Alexander a pris ses premières leçons de piano à l'âge de six ans, mais il est surtout autodidacte. Sur les conseils bienveillants du pianiste Wynton Kelly, il quitte sa Jamaïque natale pour s’installer avec sa maman à Miami en 1961, puis à New-York un an plus tard. Adolescent, il a assisté à des concerts de Louis Armstrong ou Nat "King" Cole au Kingston Carib Theater de sa ville natale. Il crée Monty and the Cyclones dans les années 1950 et a enregistré avec les musiciens qui catapultent la musique jamaïcaine vers la reconnaissance internationale, comme The Skatalites.

Depuis ses débuts, il a développé un style qui lui est propre où l’on retrouve tous les parfums et les couleurs du jazz : du swing au bebop en passant par le latin jazz, le mainstream et les musiques colorées aux accents des Caraïbes. Monty peut tout jouer et il le fait à chaque fois avec émotion, intelligence, humour et sensibilité.

En 1987, il participe à la bande son du film « Bird » de Clint Eastwood consacré à la vie du saxophoniste Charlie Parker. En 1991, il épaulera Natalie Cole, la fille d’une de ses idoles, Nat King Cole, pour l’enregistrement d’un album-hommage à son père « Unforgettable » qui raflera sept Grammy Awards. Il reçoit en 2000, le titre de Commandeur de l’Ordre du Mérite par le gouvernement pour service exceptionnel à la Jamaïque en sa qualité « d’ambassadeur de la musique » dans le monde entier.

Harlem ou Kingston ? Kingston ou Harlem ? Aucune raison de trancher pour Monty Alexander puisque la capitale jamaïcaine est sa ville natale, et New York, sa terre d’adoption. Depuis un demi-siècle, le grand pianiste au swing imparable tisse les liens et entretient les passerelles entre jazz et effluves caribéennes. Un style unique qui a charmé les plus grands jazzmen avec lesquels il a travaillé mais aussi certains de ses compatriotes. En 2011, Monty Alexander publiait un live « Harlem-Kingston Express » suivi, trois ans plus tard, par un second volume, « The River Rolls On ». Deux témoignages accomplis de ce double héritage qu’il a réalisé avec des musiciens américains et jamaïcains.